Maison intergénérationnelle : partager sa maison

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C’est décidé! Vous accueillerez vos parents vieillissants chez vous. Si leur présence sera enrichissante pour les enfants et que vous aurez la quiétude de les savoir entre vos bonnes mains, cette étape nécessitera quelques ajustements.

Une maison intergénérationnelle abrite habituellement deux logements indépendants à la même adresse. En d’autres mots, seulement une entrée d’eau, un compteur électrique, un système de chauffage et une entrée principale.

Mais si avoir ses parents ou ses enfants sous le même toit comporte plusieurs avantages sur le plan humain, une telle décision peut s’avérer dispendieuse. Il importe donc de soupeser le pour et le contre avant de se lancer.

L’expérience humaine

La cohabitation intergénérationnelle fait la promotion de l’entraide, d’un sentiment de proximité et de sécurité, et du partage des coûts de vie face à l’endettement grandissant des ménages, aux difficultés des jeunes à se payer une propriété et au vieillissement de la population.

Vos parents restent chez vous? Ils peuvent aider au gardiennage, aux repas et aux corvées. De leur côté, ils peuvent épargner en évitant de payer trop cher pour une location en résidence pour personnes âgées. Et s’ils sont malades, vous aurez au moins l’esprit plus tranquille en étant à leurs côtés.

Le scénario peut également être inversé. En accueillant les enfants adultes et leurs petits-enfants, ceux-ci peuvent aiderleurs aînés à entretenir le domicile. S’ils vont jusqu’à vendre à leur progéniture, les parents peuvent préserver ce patrimoine dans la famille en mettant de l’argent de côté pour la retraite. En outre, si les parents paient un loyer à l’enfant après la vente, cet argent pourra rembourser une partie du prêt hypothécaire ou des rénovations.

Inconvénients financiers

Accommoder une famille élargie signifie devoir acheter/construire plus grand ou agrandir/aménager différemment la résidence existante. Ajouter des pièces, transformer la vocation d’une partie de la maison, ou encore créer une séparation physique offrant plus d’intimité (murs, portes, etc.) nécessite beaucoup de travaux, d’argent et de logistique. De tels changements valent le coup si l’arrangement dure longtemps. S’il n’est que temporaire, mieux vaut éviter d’importants travaux.

Selon la Fédération des chambres immobilières du Québec, le prix moyen des maisons intergénérationnelles dépasse de 15 % celui des unifamiliales habituelles, en raison d’une superficie plus importante. Construire une deuxième cuisine ou salle de bain, ou agrandir la résidence pour créer un autre petit logement, ça coûte cher. Vous devrez probablement faire appel à un entrepreneur qualifié et certifié, comme un constructeur de condos ou de maisons, pour assurer que tout soit en règle.

Or, un vendeur récupérera rarement l’argent investi. C’est que le phénomène est encore peu répandu au Québec et que les intergénérationnelles restent plus longtemps sur le marché. Selon le système Centris, seules 951 de ces résidences ont été vendues en 2013 (2 % de toutes les ventes).

Au Québec, la loi a été modifiée en 1998 pour légaliser les maisons intergénérationnelles. Depuis, plusieurs municipalités ont emboîté le pas. Toutefois, les règlements de zonage de certaines prohibent encore l’existence d’habitations bifamiliales. Quant aux autres, elles pourraient, par exemple, faire des requêtes particulières, telles l’installation d’un pare-feu entre les deux logements ou d’un revêtement extérieur uniforme, ou exiger que la vocation familiale intergénérationnelle soit préservée après la transformation.

Du côté des coûts, une superficie accrue signifie aussi une hausse des taxes municipales et des primes d’assurance habitation. Vous devrez avertir votre assureur des travaux et de l’arrivée des nouveaux occupants puisque, en doublant le nombre d’appareils ménagers, par exemple, l’habitation devient plus à risque d’être le théâtre d’accidents ou d’un incendie.

Aide financière

Des programmes pourraient vous aider à rembourser certaines dépenses :

– Aide à la rénovation de plusieurs municipalités (ex. : programmes montréalais Rénovation résidentielle majeure ou Rénovation à la carte).

– Programme d’adaptation de domicile (PAD) dans le cas d’aînés en perte d’autonomie.

– Crédit d’impôt remboursable LogiRénov du gouvernement québécois pour rénover, agrandir ou adapter une propriété.

– Remboursement partiel de la TPS/TVQ pour votre maison.

– Crédit d’impôt pour aidants naturels du gouvernement canadien qui pourrait s’appliquer dans le cas d’une maison intergénérationnelle.

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