Trois argentines, trois bombes lacrymogènes

Mère et filles. Un cadre familial. Thème de la conversation : la peur. Plus précisément, la peur de l’insécurité. Dora (la personne la plus âgée de la photo) et ses filles se décrivent comme paranoïaque. Elles se sentent toujours en insécurité. Peur du voleur, peur de la nuit, peur de l’indifférence des personnes qui passent et qui n’interviennent pas lors d’une agression. Les trois filles sont toujours munies d’une bombe lacrymogène.

Dora (52 ans), Candela (22 ans) et Malena (20 ans) travaillent, étudient et se déplacent toujours avec leur spray de défense. À propos de leurs phobies, elles déclarent :

Candela : « Paranoïa, je ne sais pas. Mais la violence est maintenant installée dans notre société. Les femmes sont les plus vulnérables ».

Malena : « Je préfère être bien équipée au cas où cela arrive un jour ».

Toutes ont le même rouge à lèvres. La même forme et la même couleur. Elles vivent dans le quartier de Belgrano. Elles ne se sentent pas forcément en sécurité. Elles ont donc décidé de se munir d’une bombe lacrymogène fonctionnant au poivre. Achetée à une personne appelée Jorge, elles ne se sentent pas pour autant rassurées.

Acheter une bombe lacrymogène en Argentine n’est pas aussi facile qu’en France. Les filles ont réussi à obtenir un modèle qui ressemble à un tube de rouge à lèvres. Pour le moment, elles n’ont pas eu besoin de l’utiliser. Espérons que leur peur reste toujours de la paranoïa.

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